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de nœuds qu’y avait produits la peine qu’elle s’était donnés pour m’élever, et cela me parla plus éloquemment que n’eût pu faire aucune parole.

Je l’aimais tendrement mais j’avais la volonté aussi dure que le tranchant d’un silex.

Je la forçai d’un baiser à se rasseoir ; puis je courus dans ma chambre pour préparer mon paquet.

Il faisait déjà sombre, et j’avais à parcourir un long trajet à pied.

Aussi me contentai-je de ramasser quelques effets. Puis je me hâtai de partir. Au moment où j’allais mettre le pied dehors par une porte de côté, quelqu’un me toucha l’épaule.

C’était Edie, debout à la lueur du couchant.

— Sot enfant, dit-elle, vous n’allez vraiment point partir ?

— Je ne partirai pas ? Vous allez le voir.

— Mais votre père ne le veut pas, votre mère non plus.

— Je le sais.

— Alors pourquoi partir ?

— Vous devez bien le savoir.