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prise en voyant le calme et l’esprit de bienveillance qui règnent actuellement dans le cœur des hommes, en lisant dans les journaux et entendant dire dans les réunions qu’il ne faut plus de guerre, — excepté bien entendu, avec les nègres et leurs pareils.

Quand il mourut, ne nous battions-nous pas, presque sans interruption, — une trêve de deux courtes années, — depuis bientôt un quart de siècle ?

Réfléchissez à cela, vous qui menez aujourd’hui une existence si tranquille, si paisible.

Des enfants ; nés pendant la guerre, étaient devenus des hommes barbus, avaient eu à leur tour des enfants, que la guerre durait encore.

Ceux qui avaient servi et combattu à la fleur de l’âge et dans leur pleine vigueur, avaient senti leurs membres se raidir, leur dos se voûter, que les flottes et les armées étaient encore aux prises.

Rien d’étonnant, dès lors, qu’on en fût venu à considérer la guerre comme l’état normal, et qu’on éprouvât une sensation singulière à se trouver en état de paix.