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cer ; de là, on traversa un beau parc, le Bois de Boulogne, puis on alla aux Champs-Élysées, où l’on bivouaqua.

Bientôt il y eût, dans les rues, tant de Prussiens et d’Anglais, qu’on se serait cru dans un camp plutôt que dans une ville.

La première fois que je pus sortir, je partis avec Rob Stewart, de ma compagnie, car on ne nous permettait de circuler que par couples, et je me rendis dans la rue de Miromesnil.

Rob attendit dans le vestibule et, dès que je mis le pied sur le paillasson, je me trouvai en présence de ma cousine Edie, qui était toujours restée la même, et qui se mit à me contempler de ce regard sauvage qu’elle a.

Pendant un moment, elle ne me reconnut pas, mais quand elle le fit, elle s’avança de trois pas, courut à moi et me sauta au cou.

— Oh ! mon cher vieux Jock, s’écria-t-elle, comme vous êtes beau, sous l’habit rouge !

— Oui, à présent, je suis soldat, Edie, répondis-je d’un ton fort raide, car en voyant sa jolie figure, je crus apercevoir, par derrière elle, l’autre figure qui était tournés vers