Page:Doyle - La Grande Ombre.djvu/252

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Annoncez-lui la nouvelle avec ménagement, Jock, car vous ne pouvez pas vous figurer à quel point elle m’aimait. Dites-lui que tout ce que je possède se trouve dans les deux malles noires et qu’Antoine en a les clefs. Vous n’oublierez pas ?

— Je me souviendrai.

— Et Madame votre mère ? J’espère que vous l’avez laissée en bonne santé ? Ah ! Et Monsieur votre père aussi. Présentez-lui mes plus grands respects.

À ce moment même, où il allait mourir, il fit la révérence d’autrefois et son geste de la main, en adressant ses salutations à ma mère.

— Assurément, dis-je, votre blessure pourrait être moins grave que vous ne le croyez. Je pourrais vous amener le chirurgien de notre régiment.

— Mon cher Jock, je n’ai pas passé ces quinze ans à faire et recevoir des blessures, sans savoir reconnaître celle qui compte. Mais il vaut mieux qu’il en soit ainsi, car je sais que tout est fini pour mon petit homme, et j’aime mieux m’en aller avec mes Voltigeurs,