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uniforme bleu, que j’appuyai sur la détente, et que l’homme ne tomba pas, parce qu’il était porté par la foule, mais je vis, sur l’étoffe, une tache horrible, et un léger tourbillon de fumée, comme si elle avait pris feu.

Puis, je me trouvai rejeté contre deux gros Français, et si serré entre eux, qu’il nous était impossible de mouvoir une arme.

L’un d’eux, un gaillard à grand nez, me saisit à la gorge, et je me sentis comme un poulet dans sa poigne.

Rendez-vous, coquin, dit-il.

Mais, tout à coup, il se ploya en deux en jetant un cri, car quelqu’un venait de lui plonger une baïonnette dans le ventre.

On tira très peu de coups de feu après le premier abordage. On n’entendait plus que le choc des crosses contre les canons, les cris brefs des hommes atteints, et les commandements des officiers.

Alors, tout à coup, les Français commencèrent à céder le terrain, lentement, de mauvaise grâce, pas à pas, mais enfin ils reculaient.

Ah ! il valait bien tout ce que nous avions