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fondé, car le temps s’éclaircit vers le soir, et tout le monde monta sur la crête pour voir ce qui pouvait se voir.

C’était une belle campagne de terres à blé et de prairies.

Les récoltes commençaient à jaunir, et les seigles, qui étaient superbes, atteignaient à l’épaule d’un homme.

Il était impossible de concevoir un tableau plus paisible.

De quelque côté qu’on portât les yeux, on ne voyait que collines aux courbes onduleuses toutes couvertes de blé, et par-dessus elles, les petits clochers de village dressant leurs pointes parmi les peupliers. Mais à travers tout ce joli tableau, apparaissait comme la marque d’un coup de fouet, une longue ligne d’hommes en marche, habillés les uns de rouge, les autres de vert, d’autres de bleu, de noir, se dirigeant en zig-zag par la plaine, encombrant les routes ; l’une des extrémités si rapprochée, qu’elle pouvait entendre nos appels, quand les hommes mirent leurs fusils en faisceaux, sur la crête à notre gauche, tandis que l’autre extrémité se perdait dans