Page:Doyle - La Grande Ombre.djvu/173

Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Ma parole ! dit-il, voici deux belles recrues que j’aurai derrière moi. Eh bien, il n’y a pas un moment à perdre. Il faut donc que vous vous teniez prêts tous les deux pour la diligence du soir.

Voilà ce que produisit une seule journée, et pourtant il peut arriver que des années s’écoulent sans amener un changement.

Songez donc aux événements qui s’étaient accomplis dans ces vingt-quatre heures ?

De Lissac parti ! Edie partie ! Napoléon évadé ! La guerre éclate. Jim Horscroft a tout perdu : lui et moi nous faisons nos préparatifs pour nous battre contre les Français.

Tout cela eut l’air d’un rêve, jusqu’au moment où je me dirigeai vers la diligence du soir et me retournai pour jeter un regard sur la maison grise et deux petites silhouettes noires.

C’était ma mère, qui enfouissait son visage dans les plis de son châle des Shetland, et mon père qui agitait son bâton de meneur de bétail pour m’encourager dans mon voyage.