Page:Doyle - La Grande Ombre.djvu/125

Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Non. Il serait bon qu’on remit un Parlement à Edimbourg, dit mon père, mais les moutons me donnent tant d’occupation que je n’ai guère le loisir de penser à ces choses-là.

— C’est aux beaux jeunes gens comme vous que revient le devoir d’y penser, dit de Lapp.

Quand un pays est opprimé, ce sont ses jeunes gens qui doivent le venger.

— Oui, les Anglais en veulent trop pour eux, quelquefois, dit Jim.

— Eh bien, s’il y a beaucoup de gens qui partagent cette manière de voir, pourquoi n’en formerions-nous pas des bataillons, afin de marcher sur Londres ? s’écria de Lapp.

— Cela ferait une belle partie de campagne, dis-je en riant, mais qui nous conduirait ?

Il se redressa, fit la révérence, en posant la main sur son cœur, de sa bizarre façon.

— Si vous vouliez bien me faire cet honneur, s’écria-t-il.

Puis nous voyant tous rire, il se mit à rire aussi, mais je suis convaincu qu’il n’avait pas voulu plaisanter le moins du monde.