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Page:Doyle - Du mystérieux au tragique.djvu/69

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Patterson regarda autour de lui, se leva, et passant une main sur son front brûlant :

— Ceci n’est pas naturel, Jessie ! s’écria-t-il. Pourquoi dorment-t-ils tous ? Et tenez, voilà le Père Pierre… Parti comme les autres ! Jessie, votre mère est froide. Est-ce le sommeil ? Est-ce la mort ? Ouvrez les fenêtres ! Au secours ! Au secours !

Il s’élança, chancelant, vers la fenêtre. Mais, à mi-chemin, il eut un vertige, ses genoux fléchirent, et il s’abattit, la tête en avant. La jeune fille avait bondi. Elle regarda avec des yeux d’épouvante, son père étendu devant elle, entouré par ce cercle de silence.

— Professeur Mercer, qu’y a-t-il ? qu’y a-t-il donc ? adjura-t-elle. Ô mon Dieu ! mais ils meurent ! mais ils sont morts !

Le vieillard se mit debout, par un suprême effort de sa volonté, car déjà il sentait s’épaissir autour de lui les ténèbres.

— Ma chère enfant, dit-il, d’une voix qui hachait les paroles, nous voulions vous épargner cette épreuve… Vous n’auriez souffert ni d’esprit ni de corps. C’était du cyanure… Je l’avais mis dans le caviar… Mais vous avez refusé…

— Juste ciel !

Un sursaut l’avait rejetée en arrière, les pupilles dilatées,