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Page:Doyle - Du mystérieux au tragique.djvu/48

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FURTIVEMENT, COMME UN RENARD DE SON TERRIER, UN VIEILLARD SORTIT DU COFFRE (P. 5)

ce teint délicat que les Français qualifient de « mat », cette couleur dorée du vieil ivoire ou de la rose soufre. Pourtant, je fus frappé, en la voyant, par le changement survenu chez elle dans l’espace d’une quinzaine. Son jeune visage avait une expression hagarde, et une tristesse profonde noyait ses yeux clairs.

— Mon père, nous confirma-t-elle, est parti hier pour l’Ecosse. Il semble fatigué et vient d’avoir beaucoup d’ennuis.

— Vous aussi, Miss Andréas, dit mon ami, vous paraissez fatiguée.

— J’ai eu tant d’inquiétudes pour mon père !

— PouVez-vous nous donner son adresse en Ecosse ?

— Certainement. Il est chez son frère, le Rev. David Andréas, 1. Arran Villas, Ardrossan.

Ward Mortimer nota l’adresse, et nous nous retirâmes, sans la moindre allusion à l’objet de notre visite. Le soir, nous nous retrouvâmes à Belmore Street dans la même situation que le matin : nous n’avions pour nous guider que la lettre du professeur. Mon ami avait pris la décision de partir pour Ardrossan dès le lendemain, et de pousser jusqu’au fond l’histoire de la lettre anonyme, quand un nouvel incident vint bouleverser nos projets.

Je fus, le lendemain matin, éveillé de très bonne heure par des coups frappés à la porte de ma chambre. Un commissionnaire m’apportait un billet de Mortimer. « Venez, m’écrivait-il. L’affaire se corse. »

Je me rendis sur le champ à son appel ; et je le trouvai arpentant fiévreusement la grande salle, tandis que le vieux soldat préposé à la garde du lieu se tenait debout dans un coin, raide comme sous les armes.

— Heureux de vous voir, mon cher