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cette manière bien atteint ? Je ne saurais dire ; mais après tout ils ont passé comme ils ont pu, dépensant le trop plein d’une énergie presqn’illimitée. Les circonstances, l’éducation avaient fait défaut, l’instruction ne leur était pas apparue avec ses conseils ; rien.

Tout ne fut pas perdu cependant de cette exubérance de force ; car personne en ce monde ne peut faire en sorte que ce qui a été ne soit effacé.

Une somme de travail énorme a été accomplie par Moïse Joessin, et ce travail a servi, et l’exemple de ce travail a servi aussi, et nul ne peut le défaire. Ce qui est fait est fait.

On m’a affirmé, et je le crois, qu’un commerçant devenu très riche avait salué avec respect, dans une grande rue de Montréal, Moïse Joessin devenu vieux, blanchi par les ans et ne jouissant certes plus de sa prime et merveilleuse santé, marchant à pied et mal vêtu ; le riche commerçant aurait dit à son compagnon dans sa belle