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blanche, et donne-la-moi, demanda la maman en sanglotant.

Était-ce parce que cette petite rose blanche qui était dans la main d’Ilioucha lui faisait plaisir, ou bien parce qu’elle voulait avoir ce souvenir de la main de son fils ; toujours est-il qu’elle s’agitait beaucoup et tendait ses mains vers la fleur.

— Je ne la donnerai pas. Je ne donnerai rien, s’écria d’une voix dure Sneguerev. — Ces fleurs sont à lui et pas à toi. Toutes à lui et pas à toi.

— Papa, donnez donc à maman la fleur, fit Ninotchka en levant ses yeux remplis de pleurs.

— Je ne donnerai rien. À elle moins qu’à personne. Elle ne l’aimait pas. Elle lui a déjà pris son petit canon, ajouta le capitaine en pleurant à haute voix au souvenir d’Ilioucha cédant son petit canon à sa maman.