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portaient tous leur sac en bandoulière.

« Papa pleurera ; restez avec papa », avait dit Ilioucha en mourant.

Les enfants s’étaient souvenus.

Kolia Krasotkine marchait à leur tête.

— Que je suis heureux de vous voir venir, Chestomazov ! s’écria-t-il en tendant la main à Alexey. — C’est navrant, ici, ma parole, cela est pénible à voir. Sneguirev n’est pas ivre, nous en sommes sûrs ; il n’a rien bu d’aujourd’hui, et pourtant il semble enivré… J’ai toujours mon sang-froid ; mais ici, c’est à n’y pas tenir… Pardonnez-moi si je vous retiens encore un instant, Chestomazov ; je voudrais vous faire une question avant que vous n’entriez.

— Qu’est-ce donc, Kolia ?

— Dites-moi, votre frère est-il coupable ou non ? Est-ce lui ou le domestique qui a tué son père ? Ce sera pour