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cou, ajouta-t-il avec un sourire de mépris. — Tout cela a commencé avec l’histoire du chemin de fer.

— Oui, nous en avons aussi entendu parler, dit le capitaine. Mais comment avez-vous pu rester là ? Est-ce que vraiment vous n’avez pas eu peur quand le train a passé sur vous ?

Il était clair que le capitaine cherchait à gagner les bonnes grâces de Kolia.

— Non, pas trop, répondit Kolia nonchalamment. — Mais ce qui m’a surtout perdu de réputation, c’est cette maudite oie.

Et bien que Kolia affectât un air distrait au récit de ses prouesses, il ne pouvait pourtant se maîtriser et parlait à tort et à travers.

— Oui, on me l’a racontée cette histoire, dit Ilioucha avec un bon rire épanoui. — On me l’a racontée, mais je