Page:Dostoïevski - Les Précoces.djvu/200

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sans comprendre, d’ailleurs, ce qu’on lui demandait.

Kolia fit voir la poudre et les grains de plomb. En sa qualité d’ancien militaire, le capitaine chargea lui-même la pièce avec un peu de poudre, mais il demanda de laisser le plomb pour un autre jour.

Le canon fut placé sur le plancher, la gueule tournée vers un coin, et on y mit le feu avec une allumette. Il partit avec un bruit éclatant.

La « maman » tressaillit, puis se mit à rire de joie.

Les gamins regardaient silencieux et d’un air triomphant ; le capitaine surtout était enchanté et ne quittait pas des yeux son enfant.

Kolia ramassa le canon et en fit cadeau à Ilioucha avec la poudre et le plomb.

— C’est pour toi, pour toi que je l’ai