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avec une amertume mêlée d’étonnement.

Tout d’abord les visites des enfants n’avaient pas été agréables à la mère d’Ilioucha, et la mettaient en colère. Plus tard, leurs cris joyeux et leurs propos la distrayaient et lui plaisaient à un tel point qu’elle eût été fort chagrinée de les voir cesser.

Quand les enfants racontaient quelque chose d’amusant, elle riait et battait des mains, elle appelait même auprès d’elle quelques uns d’entre eux et les embrassait.

Elle affectionnait surtout Smourov.

Quant au capitaine, l’arrivée des enfants, venus pour distraire Ilioucha, emplissait de joie son âme et lui faisait espérer que son fils quitterait sa tristesse et arriverait à guérir.

Du premier jour au dernier, il ne douta pas de cette guérison, et cela malgré de grandes appréhensions. Il