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humilié dans la société, et il se souvenait du « terrible jour ».

Ninotchka, la pauvre estropiée timide et douce, n’aimait pas non plus voir son père faire le bouffon. Leur mère, elle, s’amusait beaucoup de ces scènes et riait de tout son cœur en voyant son mari faire des gestes comiques.

C’était d’ailleurs sa seule distraction. Tout le reste du temps elle grognait et pleurnichait, répétant qu’on l’abandonnait, qu’aucun ne l’estimait, qu’on la rendait malheureuse, etc.

Un changement inattendu s’était pourtant opéré en elle durant ces derniers jours. Souvent elle regardait le coin où Ilioucha était étendu et restait rêveuse ; elle était devenue plus silencieuse, et si elle pleurait, c’était à voix basse pour ne pas être entendue.

Le capitaine voyait ces changements