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— C’est principalement sur le conseil de Foma Fomitch que j’agis de la sorte, nous fit observer Vidopliassov. Comme il me veut du bien...

— Parbleu ! comment se passer de Foma Fomitch ? m’écriai-je involontairement.

— Eh ! mon cher, l’affaire n’est pas là, interrompit précipitamment mon oncle, mais on ne le laisse plus tranquille. La jeune fille n’est pas timide ; elle a excité contre lui toute la domesticité qui s’en moque et le persifle ; jusqu’aux enfants qui le traitent en bouffon...

— Tout cela par la faute de Matriona, fit Vidopliassov. C’est une sotte ; et moi, il faut que je pâtisse parce qu’elle a mauvais caractère !

— Eh bien, Grigori, c’est ce que je disais ! continua mon oncle avec un air de reproche. Ils ont trouvé à son nom une rime indécente et voilà pourquoi il me demande s’il n’y aurait pas moyen d’en changer. Il prétend souffrir depuis longtemps de ce nom malsonnant.

— Un nom si vulgaire ! ajouta Vidopliassov.

— Bon ! tais-toi, Grigori. Foma est de son avis... c’est-à-dire pas précisément, mais il y a lieu de considérer ceci : au cas où nous publierions ses vers ainsi que le projette Foma, un pareil nom serait plutôt nuisible ; n’est-ce pas ?