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Pétersbourg. J’ignore le général Polovitzine, n’en ayant même jamais entendu parler, répondis-je impatiemment, car mon amabilité s’était muée soudain en une assez méchante humeur.

— Il étudiait la minéralogie ! fit avec orgueil l’incorrigible Yégor Ilitch. La minéralogie, n’est-ce pas, est l’étude des différentes pierres ?

— Oui, mon oncle, des pierres...

— Hum ! Il existe beaucoup de sciences qui sont toutes fort utiles ! Pour te dire la vérité, je ne savais pas ce que c’était que la minéralogie. Lorsqu’on parle de sciences, je me contente d’écouter, car je n’y comprends rien, je le confesse.

— C’est là une confession des plus sincères ! ricana Obnoskine.

— Petit père !... s’écria Sachenka avec un coup d’œil de réprobation.

— Quoi donc, mignonne ! Ah ! mon Dieu, mais je vous interromps tout le temps, Anfissa Pétrovna ! — dit-il pour s’excuser, sans comprendre ce qu’entendait Sachenka. — Pardonnez-moi, au nom du Christ !

— Oh ! ce n’est rien ! répondit la dame avec un aigre sourire. J’avais dit à votre neveu tout ce que j’avais à lui dire. Mais, pour conclure, monsieur Serge, vous devriez bien vous corriger. Je ne doute pas que les sciences, les arts... la sculpture,