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monde mais surtout de messieurs Souart et Gallinier qui ne craignirent pas de s’avancer bien loin dans les bois sans crainte des ennemis, afin d’aller au devant de sa barque pour lui témoigner la joie qu’ils avaient de son retour. Or Mr. l’Abbé de Quélus ôtant au Montréal, aussitôt Mlle. Mance qui était depuis 18 mois estropiée d’un bras par l’accident que nous avons marqué, lui dit : "Mr. voilà que mon bras s’empire au lieu de se guérir, voilà qu’il est déjà quasi tout desséché et me laisse le reste du corps en danger de quelque paralysie ; je ne le puis nullement remuer, même on ne peut pas me toucher sans me causer les plus vives douleurs, cet état m’embarrasse fort surtout en me voyant chargé d’un hôpital, auquel je ne puis subvenir dans l’incommodité où je suis et l’état où je me vois obligée de rester pour le reste de mes jours, cela étant, voyez ce qu’il serait à propos que je fasse, ne serait-il pas bon que j’allasse en France trouver la fondatrice tandis qu’elle est encore vivante et que parlasse à Messieurs de la compagnie du Montréal afin d’obtenir de la fondatrice, s’il se peut, un fonds pour des religieuses, puisqu’aussi bien la compagnie du Montréal n’est pas présentement en état de faire cette dépense avec les antres que ce lieu requiert, je ne puis plus vaquer aux malades ; que si je puis réussir, j’amènerai de ces bonnes religieuses de la Flèche, avec lesquelles feu Mr. Ollier et les autres associés ont il y a déjà longtemps passé un contrat pour le même dessein ; qu’en dites-vous, Monsieur ? ” “Vous ne pouvez mieux faire,” lui dit-il : témoignant beaucoup de joie et de cordialité là-dessus. De là à quelque jours, Mr. Souart part pour Québec, Mr. L’abbé lui ayant dit qu’une des mères Hospitalières de ce lieu là avait grand besoin d’air, que comme c’était une personne de mérite, il fallait tâcher de lui sauver la vie, qu’il ferait bien de descendre pour cela, parce que ayant la connaissance de la médecine outre son caractère sacerdotal, aussitôt qu’il donnerait son suffrage à ce qu’elle monta ici pour changer d’air, on ne manquerait pas de la faire venir ; ce bon Monsieur ayant ouï ce discours, se disposa de partir au plus vite, pressé par cette même charité qui sans lui donner le loisir de réfléchir le porte tous les jours chez les malades afin de les assister quand qu’il en est requis, selon que Sa Sainteté a trouvé bon de lui permettre, si ce Monsieur descendit promptement à Québec, il remonta encore au plus vite au Montréal avec cette bonne religieuse malade et une de ses compagnes. Ces deux bonnes religieuses étant à terre, Mr. l’abbé de Quélus qui n’avait pas manqué à dire la raison pour laquelle il avait envoyé Mr. Souart à Québec, soudainement vint avertir de tout ceci Mlle. Mance qui ne savait pas ce qui se passait lui disant, “Voilà deux bonnes filles Hospitalières qui arrivent parceque l’une