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Nous les ayons vus proposer un système, de représentation qui, par le fait même qu’il établissait l’égalité dans les chiffres, consacrait l’inégalité dans les droits ! !

Nous les ayons vus refuser l’initiative aux membres de l’assemblée ! !

Nous les avons vus combattre violemment la proposition de priver les membres de la législature de la faculté d’être nommés aux emplois lucratifs avant l’expiration de leur mandat ! !

Le fait le plus saillant de la politique de ces ministres qui ont la prétention de nous former à la pratique des institutions démocratiques, est donc la réaction formelle, préméditée, contre les principes démocratiques !

Ces hommes qui se mettent sur les rangs comme professeurs de libéralisme, sont donc, à l’heure qu’il est, de serviles professeurs d’absolutisme ! !

Tout en se prétendant libéraux, ils ont donc prouvé, par leurs actes, qu’en politique, ils étaient réellement DES TORIES !

« Grattez le Russe, disait Napoléon, et vous aurez le Tartare : » Eh bien, grattez un peu toutes nos épidermes ministérielles, et je vous le jure, Messieurs, vous allez découvrir le plus pur torysme ! !

Il y a donc quatre-vingt dix-neuf chances sur cent, que des libéraux de cette trempe, au lieu de favoriser le progrès des idées libérales, feront tout en leur pouvoir pour l’entraver.

Messieurs, ce n’est ni sous un pareil système, ni sous de tels hommes, que le pays acquerra l’éducation politique qui lui manque encore !

Ce n’est pas chez les hommes qui ont substitué l’esprit négatif à l’esprit de progrès, l’intrigue à la droiture, la tactique au courage, la cupidité au devoir, l’intérêt à la conscience, que nous trouverons cet esprit d’indépendance, ce respect de soi-même, ce sincère amour du pays, qui caractérise les hommes vraiment honnêtes, vraiment patriotes !  !

Pour ces gens, gouverner n’était rien autre chose que conserver le pouvoir à tout prix !  !

Le pays ne flétrira jamais assez cette « politique sans principe et sans drapeau, toute de petits moyens, d’expédients, d’apparences ; qui, tâtonnant toujours, n’atteint aucun ré-