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L’agriculteur du Nord s’empare avidemment de toutes les méthodes améliorées de culture ou de tous les moyens journellement inventés de diminuer le travail manuel. Au Sud personne ne songeait à cela. Un voyageur dans le Sud, en 1856, remarquait avec étonnement de longues files de nègres allant à une rivière chercher de l’eau dans des vases qu’ils rapportaient pleins sur leurs têtes. Il s’agissait de l’arrosage d’un jardin considérable. Un nègre et un cheval eussent apporté plus d’eau en une heure que trente nègres avec chacun leur vase sur la tête, mais dans les pays de travail esclave la perte du temps n’est pas regardée comme ayant la moindre importance. Ce n’est pas l’esclave qui perd quelque chose à dépenser quatre heures de travail là où un fermier du Nord ne mettrait qu’une demi-heure ; c’est le maître.

Les planteurs ne sentaient donc pas le besoin d’avoir recours aux méthodes améliorées pour augmenter la facilité et les résultats du travail. Quel que dur que fût celui-là pour l’esclave il fallait bien qu’il s’y soumît. De là la rudesse de leurs instruments d’agriculture, de tous leurs outils de travail,