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Au lieu de s’asseoir dans son wagon pour guider le cheval et le soulager en même temps, le fermier ou le conducteur enfourchait sa bête et la voiture s’en tirait comme elle pouvait au milieu des pierres et des souches.

« J’ai beaucoup ri, une fois, dit le Dr. Parsons, de voir un Cracker [1] et deux petits nègres aux pieds déchirés, tous à cheval sur un âne traînant derrière lui un wagon chargé de choux. »

Tous les instruments de travail, au Sud, étaient rudes et grossiers. La loi elle-même fixait le poids de la houe à quatre livres.

« Nous ne pouvons nous servir de vos outils plus légers et sans doute plus avantageux, » disait un planteur à un voyageur du Nord, « car nos esclaves les brisent de suite. »

Voilà un des nombreux inconvénients qu’éprouvaient les planteurs à faire des brutes de leurs esclaves. Par le fait même qu’ils rendaient le travailleur inintelligent, ils se mettaient dans l’impossibilité de profiter des améliorations que le génie mécanique popularisait au Nord.

  1. Nom donné, dans le Sud, aux petits propriétaires de plantations.