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C’est donc se faire une grande illusion que de croire que dans leurs rapports avec leurs esclaves, les maîtres, en règle générale, fussent principalement guidés par la notion de la philantropie ou celle de l’intérêt. Il en pouvait être ainsi chez un certain nombre d’individus, mais quant à la masse des propriétaires d’esclaves l’habitude du despotisme absolu sur leur bétail humain était leur seule règle de conduite. Il fallait que l’esclave obéît aveuglement, travaillât au delà de ses forces si on l’exigeait, vît abîmer de coups sous ses yeux sa femme et ses enfants sans murmure ; et à la moindre représentation qu’il osât se permettre, il était fouetté ou même tué quelquefois.

Au reste, comment peut-on venir arguer de la notion de l’intérêt chez le maître à propos des petites mutilations des oreilles ou des orteils, quand un si grand nombre d’esclaves étaient tués par le travail excessif, ou par le fouet, ou avec l’arme à feu dans des moments de colère ?

« La fréquence des cas de meurtre d’esclaves, » disait le révérend James A. Lyon, dans une lecture faite par lui à Columbus, Mississippi, « et le peu d’attention que leur