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Cela avait toujours un bon effet sur ceux qui, ne se doutant pas du systême universel de déception qui était suivi vis-à-vis des étrangers, avaient la foi la plus implicite dans la parole de l’hôte aux grandes manières qui les recevait et qui, lui, comprenait la nécessité de donner le change aux étrangers sur une institution infâme. Ces étrangers, concluant toujours du particulier au général, se disaient naturellement : « Bon, il en doit être ainsi partout. Puisque mon hôte me l’assure, il est clair que l’on séquestre de la bonne société ceux qui maltraitent leurs esclaves. » Cela eût-il été vrai, on aurait dû faire attention que les mots bonne société ne s’appliquaient de fait qu’à une infime minorité de grandes familles, et que dans tout le reste, les habitudes d’ivrognerie, d’oisiveté, de jeu, de fréquentation constante des cabarets rendaient la bonne société chose excessivement difficile à trouver dans l’ensemble de la population.

L’hon. John Randolph, propriétaire d’esclaves, mais qui, comme tous les grands hommes du beau temps de l’indépendance, abhorrait l’esclavage, était loin de parler