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tenant vous allez ôter vos habits, car il faut que ces Messieurs sachent bien ce qu’ils achètent. Comme elles parurent n’avoir pas compris, le trafiquant s’approcha de la mère et commença sans façon à dégrafer sa robe ; mais elle le repoussa fortement et lui dit : « Jamais, tuez moi plutôt ! » Et sa voix tremblait encore plus de colère que d’émotion.

« Voyons, voyons, enfants, dit le marchand avec assez de douceur, vous savez bien qu’il faut que cela se fasse. D’ailleurs c’est une vente privée : il n’y a pas de canaille ici, et vous n’avez affaire qu’à de vrais gentlemen ! ! »

« Mais elles ne bougèrent pas. Alors le trafiquant appela ses deux aides noirs et comme la mère paraissait vouloir résister, il tira des profondeurs d’une poche de côté un fouet roulé d’a-peu-près dix-huit pouces de long. La jeune fille parût frémir de tout son corps et la mère se laissa faire. Quand celle-ci fut déshabillée on lui dit de monter sur l’un des trépieds, et comme elle hésitait, le trafiquant lui montra seulement du doigt le fouet qu’il avait placé sur un petit guéridon. Alors la pauvre femme