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tissant la conscience publique, avait rendu les mœurs cruelles ou relâchées au point qu’il est presqu’impossible de les décrire exactement sans être taxé d’exagération.

Examinons donc maintenant mon troisième point : « l’effet de l’esclavage sur les mœurs du pays. »

Messieurs, pour approuver l’esclavage, ou même seulement essayer de pallier ses horreurs inévitables et journalières, il faut mettre de côté, effacer en quelque sorte de la conscience humaine toutes ces notions primordiales de droit, de devoir, de justice, de vertu, de vice, de décence, de pudeur, d’obligations réciproques qu’un usage immémorial, l’application séculaire des idées religieuses, les conséquences universellement acceptées des principes fondamentaux du Christianisme, le progrès social et la civilisation moderne ont rendues sacrées parmi nous.

Ce qui était d’occurence journalière dans le Sud, ce qui était devenu habituel dans les familles, admis, reçu sans objection, ce qui était devenu de pratique ordinaire et autorisé par la loi ou consacré par les mœurs choque tellement chez nous le plus vulgaire