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Une jeune fille de 16 ans avec un morceau d’oreille de moins en sus des marques au fer rouge : un homme avec deux orteils de moins. Ici on se contente de fendre un peu l’oreille aux moutons ; dans le Sud on ôtait souvent l’oreille entière ; voyez plutôt :

L’avertissement suivant est tiré du Southern Telegraph, de Washington :

« déserté de la plantation de James Sturgett, le nègre Randall : il a une « oreille coupée. »

Plusieurs nègres s’étaient sauvés avec lui, tous plus ou moins mutilés. L’un avait un œil de moins, l’autre le nez enfoncé ; l’autre une mâchoire cassée. Voilà les corrections modérées infligées à cette race qu’un des plus exagérés défenseurs de l’esclavage qualifie d’affectionnée et de loyale ! !

J’aurais pu, Messieurs, vous citer de nombreux avertissements du même genre. J’en ai lu de toutes les parties des états à esclaves. La mutilation et la marque étaient d’un usage universel ! Et cela n’offensait nullement le sens moral ni la sensibilité des planteurs. C’était chose toute naturelle parce qu’elle était ordinaire et passée dans les mœurs.