Page:Deschamps - Essai bibliographique sur M. T. Cicéron, 1863.djvu/19

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

nier fleuron de sa couronne anéantie ! »

Et quand Sylla eut abdiqué, et se fut délivré de ses crimes en se délivrant de la toute-puissance, il y eut pour Cicéron cette suite d’honneurs civils (tergeminis honoribus), dont parle Horace en sa première ode, et qui devait le conduire au sénat. Il entra, à son tour, dans les charges publiques, mais sans cesser d’appartenir au forum. Avocat désintéressé des plus grandes causes, il était accessible à quiconque avait besoin d’un bon conseil ; il écoutait volontiers, dans la rue et chez lui, tous ceux qui l’abordaient. Il parlait à ses clients comme un grand légiste, il parlait aux hommes d’État des affaires publiques en homme qui les sait bien. Tantôt Spartacus, tantôt Sertorius, Mithridate un autre jour, attiraient son intelligente attention. Il honorait la loi, comme la seule autorité légitime ! Hors de la loi, l’anarchie et l’esclavage ! Brisée la loi, le meurtre arrive, le citoyen est remplacé par l’esclave ! A ce compte, il haïssait la force injuste ; il ne savait pas de plus grande impiété que le