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L’ÉPOUSE

Tandis que Valmore voyait les directeurs, elle décidait l’éditeur Louis à publier, en deux petits volumes, les quatre nouvelles : Marie, Lucette, Sarah, Adrienne, qui composent : les Veillées des Antilles.

« J’ai donné à ces esquisses le nom même du lieu où elles ont été tracées, dit-elle dans l’Avertissement. C’est en traversant la mer, c’est en revenant de l’Amérique en France, que j’ai, bien jeune encore, senti le besoin d’adoucir de profonds chagrins. J’ai laissé errer ma plume sans autre inspiration que le souvenir. Je demande grâce pour le sentiment de tristesse qui domine trop dans ces futiles pages. Hélas ! pouvait-il en être autrement ? J’étais orpheline ; j’étais assaillie de souffrances et d’orages, entre la terre qui avait recueilli ma mère, et celle qui portait le nom de ma patrie. »

L’indication ne serait pas superflue si elle tenait sa promesse et préfaçait réellement une suite aux souvenirs flamands ; mais l’avant-propos, étant gratuit, souligne davantage l’inutilité d’évoquer les Antilles pour n’en tirer que des nouvelles dont l’auteur eût pu prendre le sujet n’importe où et même ne le prendre nulle part, tellement il est dénué d’intérêt ou d’agrément.

Si Mme Valmore avait compté sur cet ouvrage de dame pour faire vivre le ménage en attendant que son mari eût trouvé un engagement à Paris, elle dut être bientôt désabusée. Aussi voyons-nous le couple se remettre en route et aborder, en 1821,