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Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/98

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TÉRENCE.

L’antique Alexandrie serait fière et peut-être jalouse du mouvement d’esprit qui, depuis quelques années, se produit dans notre littérature. Comme chez les contemporains des Évergète et des Philopator, le génie critique s’y développe au point d’asservir l’imagination. Un perpétuel souci d’archaïsme nous domine. Philosophes qui préfèrent les trouvailles aux inventions, romanciers qui installent dans la fiction l’archéologie, poètes qui compliquent d’érudition l’éternel répertoire de l’âme humaine, tous font successivement pacte avec l’esprit-elexandrin, en tournant leurs facultés créatrices à la résurrection du passé. Qu’Ernest Renan dégage des formes religieuses passagères l’immuable idéal de l’Humanité, que Théophile Gautier évoque l’Égypte dans la sépulture d’une momie, ou que Gustave Flaubert ranime Carthage, qui n’était plus qu’un nom dans ïa mémoire des hommes, « un reste tel quel, » comme eût dit Bossuet dans ses familiarités superbes ; ces inventeurs, ces poëtes font, chacun à son tour, besogne de critique, œuvre d’Alexandrin ; tous se vouent, avec leur séve, avec leur