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Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/46

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L’ÉCOLE DE L’IGNORANCE.

A PAUL DE SAINT-VICTOR.

Nous assistons tous les jours à une étrange comédie littéraire, intermède inattendu dans un siècle qui a produit une seconde Renaissance, si la coutume du sage n’était de s’attendre à tout et de ne s étonner de rien. Les acteurs qui nous donnent cette comédie, dans les petits et même dans les grands journaux, sont en nombre assez notable et crient assez haut pour qu’il soit impossible d’ignorer leur existence ; ils sont bien en vue, et leur voix, plus retentissante que les cymbales, porte loin, propagée par une infinité d’échos dociles et complaisants ; enfin ils se trouvent sûrement et largement installés sur des tréteaux que le public connaît et qu’il hante avec assiduité ; comme on fréquenterait un bon théâtre. Ces historiens fêtés par la réclame, excités par ja vogue, ont ce qui constitue le paradis terrestre des Barnum, les costumes voyants, l’affluence des spectateurs, les applaudissements répétés, tout, sauf la sympathie