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Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/199

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peu durable, hélas ! de tous ceux qui avaient un talent et un nom en faveur du Maître que beaucoup ont abandonné ; ce fut l’admiration de ceux-mêmes qui croyaient encore à la vieille Melpomène, l’applaudissement d’un Châteaubriand et d’un Soumet ; ce fut surtout l’unanimité de la jeunesse qui combattait pour le grand Art comme elle eût combattu pour la Liberté ou pour la France !

Cette bataille aux chances inégales recommença à toutes les premières de Victor Hugo. A partir de 1830, le récit de sa vie tient surtout dans le récit de ces soirées haletantes, jusqu’à cette retraite du grand poëte, provoquée par l’inconcevable insuccès des Burgraves. Le public a voulu siffler Phèdre une seconde fois et contraindre une seconde fois Racine à quitter la partie devant Pradon enorgueilli. Il n’y a que trop réussi. Voilà pourquoi l’auteur du Roi s’amuse a encore les Jumeaux en portefeuille.

L’auteur quitte Victor Hugo en 1843, au moment où son entrée à la chambre des Pairs inaugure son existence politique. Une nouvelle vie semble commencer du jour où l’artiste se double de l’homme d’État, où les idées répandues dans le Dernier jour d’un Condamné, dans Claude Gueux, dans Littérature et Philosophie mêlées, trouvent leur expression en dehors de l’art.

En attendant cette nouvelle publication, qu’il nous soit permis d’appuyer sur les mérites de ces deux volumes et de faire une fois pour toutes ressortir leur importance. Ils seront d’un poids considérable dans les balances de la postérité. Or nous sommes déjà la