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Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/112

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L’AMOUR DANS L’ANTIQUITÉ.

A HENRY HOUSSAYE.

Bien souvent, nous nous sommes demandé avec étonnement pourquoi, dans notre siècle, presque toutes les grandes idées et les sentiments impérieux qui ont maîtrisé l’humanité avaient inspiré aux historiens des livres ou de longs chapitres, à l’exception de l’amour, cette idée séculaire, ce sentiment despotique entre tous. Cependant, à chaque heure des âges écoulés, l’amour nous apparaissait traçant un sillon de lumière ou laissant une marque sanglante. Ses interventions nous semblaient trop fréquentes et trop énergiques pour rester à l’état de phénomènes inexpliqués. Pourquoi, dégagé des actions rivales qui l’environnent, l’amour n’était-il pas étudié pour lui-même, comme une des puissances éternelles qui introduisent l’imprévu dans l’histoire et déconcertent tous les calculs humains ?

Signaler dans l’amour une de ces fatalités devant lesquelles abdique pour son salut ou bien pour sa perte tantôt la liberté d’un homme, tantôt la liberté d’un