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SAUVAGEOT.

Parole d’honneur !… Alors, c’est une bétise… (Effaçant.) Pas sans coup férir… (Continuant.) « Dans cette affaire mémorable, le citoyen Sauvageot a reçu plusieurs blessures… »


RAYMOND, baillant.

Oh ! c’est trop fort !


SAUVAGEOT.

Faut pas dire : c’est trop fort, sergent.. Et ce coup de sabre que vous m’avez donné.. ça a entamé ma veste.. Je crois même que ça a saigné.. D’ailleurs, j’ajoute : « On espère que ses blessures ne seront pas mortelles… »


RAYMOND, s’endormant.

Ta, ta, ta… plus souvent que je vas mettre mon nom à des bêtises pareilles…


SAUVAGEOT.

Oh ! qu’est-ce que ça vous fait, sergent, laissez-moi gagner une pauvre récompense nationale…

Air de la petite Prude.
––––––J’ai déjà maints certificats,
––––––Qui font honneur à ma vaillance,
––––––J’ai déjoué vingt attentats
––––––Contre le repos de la France.
––––––J’viens d’ me montrer encore un’ fois,
––––––Ma valeur n’s’est pas démentie…
––––––Ça fait, d’puis l’ commenc’ment du mois,
––––––Neuf fois qu’j’ai sauvé la patrie.
––––––Oui, depuis l’ commenc’ment du mois,
––––––J’ai sauvé neuf fois la patrie…

Et nous ne sommes qu’au huit. (Se levant et présentant le papier Raymond qui s’est endormi.) Allons, sergent, mettez vot’pataraphe… Bien, bon !.. le v’là parti… Il ronfle.. Attends, mal honnête, je vas joliment te réveiller !.. (Il va pour secouer le fauteuil, en ce moment on frappe à la porte.) Hein ?.. ah ! mon dieu ! c’est Grichon le municipal… Et moi qui avais oublié mon mariage… (Il va ouvrir.)


Scène XVIII.

RAYMOND, endormi, SAUVAGEOT, le Municipal, deux Amis, LA MÈRE FLOUQUET et MARIELLE.



LE MUNICIPAL.

Bonsoir, citoyen..


SAUVAGEOT.

Chut !.. taisez-vous donc !.. Voyez, le damné militaire est revenu.. comment faire ?..


LA MÈRE FLOUQUET.

Eh !.. pardine.. n’ayez pas peur, allez.. il ne se réveillera pas.. il est trop fatigué le pauvre cher homme…