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Page:De Forges, de Leuven, Roch - L'alcôve.pdf/18

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des carrières, tout seul comme un ours… C’est singulier, convenez-en.


MARIELLE.

Mais, non, je vous assure… (À part.) Aurait-il des soupçons ? (Haut.) Il couche à sa ferme, voyez-vous, sergent, c’est pour la garder.


RAYMOND.

Bah ! à sa place, j’enverrais la ferme à tous les diables, et je garderais ma petite femme… Ah ! Marielle !… Marielle !… pour quoi n’êtes-vous plus en disponibilité ?… Il y a si longtemps que je désire une femme comme vous et que je me dis :

Air : Du père Finot.
–––––––Je sais comment ça s’gouverne,
–––––––Pour charmer l’ lien conjugal,
–––––––Faut avoir à la caserne
–––––––Les quatre homm’s et l’ caporal.
–––––––Et puis, ensuite, j’espère,
–––––––Que ma femm’me donnera !
–––––––Un’petite vivandière
–––––––Pour soigner ces gaillards-là !…

Je leur aurais inculqué moi-même le maniement du sabre et du fusil… Alignement !… fixe !… le premier qui bouge, on lui mettra de l’eau dans sa soupe…Mi-tour à gauche !…. marche !…

–––––––En avant, brav’s soldats,
–––––––Et dans les rangs n’pleurons pas !

MARIELLE, à part.

J’aurais été si heureuse avec lui !…


RAYMOND.

Mais, c’est fini !… il ne faut plus penser à ce bonheur-là !… Au moins, madame Marielle, quand je serai parti pour tout de bon, promettez-moi, que vous penserez quelques fois au pauvre Raymond, qui vous aimait bien, dà… et, qui, certainement… si… enfin… Allons, que c’est bête, v’là que je m’attendris…

Air :
––––––––Allons, plus de faiblesse,
––––––––Je l’ sens, il faut vous fuir.
––––––––Mais, un seul mot d’ tendresse,
––––––––Dont j’gard’rai l’ souv’nir,
––––––––Me rendrait mon courage
––––––––Et j’pourrais plus content
––––––––Le cœur, plein d’ votre image
––––––––Partir, tambour battant.
––––––––Ran plan, ran plan.
––––––––Ran pa ta pa ta plan, etc.