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––––––Mais, quand vient l’ jour où la patrie,
––––––Par l’étranger est envahie,
––––––Adieu maîtresse, ami, parent,
––––––Chaqu’réfractaire est à son rang.

TOUS.
––––––Chaqu’réfractaire est à son rang.

RAYMOND.

Allons, conscrits, vous avez encore une demi-heure à vous… profitez en pour embrasser papa et maman… faites jurer à vos maîtresses de vous rester toujours fidèles… Elles jureront tout ce que vous voudrez, et n’en feront qu’à leur tête… gare à la vôtre !… Sans adieu, mes braves… Dans une demi-heure… sur la grande place…


CHŒUR DES RÉQUISITIONNAIRES.
Reprise de l’air : du Serment.
––––––––––––Allons,
––––––––––––Garçons,
–––––––––Il n’est dans la vie
–––––––––Qu’un sort dign’d’envie
–––––––––C’est celui d’un soldat !
––––––––––––Allons,
––––––––––––Garçons,
–––––––––Qu’la gloir’ vous rallie,
–––––––––Servir sa patrie
–––––––––C’est l’ plus bel état.

(Ils sortent.)


Scène IV.

RAYMOND, MARIELLE, LA MÈRE FLOUQUET



RAYMOND.

Maintenant, maman Flouquet… Il ne me reste plus qu’à vous remercier de votre bonne hospitalité…. Ah ! c’est que vous avez bien fait les choses… vous m’avez donné la plus belle chambre de la maison, vous vous êtes dérangée pour moi…


LA MÈRE FLOUQUET.

Nous n’avons fait que notre devoir, vous aviez un billet de logement.


RAYMOND.

Oui… Mais les bontés, les soins que vous avez eus pour moi… les omelettes au lard, les gibelottes et les petits verres de kirsch que vous m’avez repassés, ça n’était pas stipulé sur le billet de logement, ça.


LA MÈRE FLOUQUET.

Ah ! dame !… Nous vous aurions mieux traité autrefois, du temps de la marquise d’Ambert, dont nous étions les fermiers… Mais,