Page:Daviault - Le mystère des Milles-Îles, 1927.djvu/5

Cette page a été validée par deux contributeurs.

Daviault - Le mystère des Milles-Îles, 1927 - illust - 0001.png


PREMIÈRE PARTIE

— I —


Le Triton, navire qui fait la croisière des Mille-Iles, avait quitté Montréal depuis deux jours.

Deux cents personnes, de tout âge, sexe, catégorie sociale et fortune, encombraient ses ponts, désireuses de jouir du grand air, du bercement du bateau et de la vue du paysage, droit qu’elles avaient acquis moyennant une somme rondelette. Elles se préoccupaient surtout d’emmagasiner le plus d’impressions possible, afin d’épater les amis, au retour, par des récits mirifiques. Elles parleraient longtemps de ce voyage qui les relevait à leurs propres yeux et les mettait au-dessus du vulgaire. Comme il serait agréable, les années suivantes, de commencer une anecdote en jetant d’un air faussement négligé : « Quand j’ai fait le tour des Milles-Îles… »

La société bourgeoise de Montréal se divise en plusieurs classes.