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À LA BAIE D’HUDSON
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Plaine arrivant de Saint-Jean avec les derniers effets. Il est prêt à repartir pour Bonavista. Mais Brouillan gâte tout.

— Part à deux, exige-t-il.

D’Iberville, pressé de partir, va céder. Dans l’entrefaite, M. de Sérigny arrive de France avec sa flotte qu’il remet à son frère. Se voyant battu complètement, Brouillan ne se tient plus de rage. Il veut, en vain, séparer Montigny de son ami. Puis il emprisonne des officiers arrivés avec Sérigny ; mais ces messieurs de la marine, peu habitués à ces procédés, menacent de lui faire un mauvais parti.

Sérigny apporte à d’Iberville l’ordre de s’en aller à la baie d’Hudson sans retard : Brouillan pourra terminer la conquête de Terre-Neuve, pense le ministre, puisque d’Iberville a presque tout fait.

La statistique des résultats obtenus dans la campagne de Terre-Neuve est édifiante. En moins de quatre mois, 125 Canadiens avaient conquis 500 lieues carrées de pays, parcouru 200 lieues en distance, détruit ou capturé 90 embarcations, fait 700 prisonniers, défait 2 234 habitants dont 1 946 hommes, pris 439 chaloupes et 226 000 quintaux de morue. Ils avaient en outre détruit des établissements où, de leur propre aveu, les Anglais faisaient un commerce de 17 millions de livres par an.