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LA GRANDE AVENTURE DE LE MOYNE

D’Iberville, après avoir hiverné au fort Sainte-Anne, rentrait à Québec le 5 octobre 1691, avec toute la pelleterie de la traite. Mais Fort-Nelson était toujours aux Anglais.

Sous sa dictée, les associés de la compagnie du Nord écrivirent à Sa Majesté pour lui demander un vaisseau de 36 canons, trois mortiers de siège et mille livres de poudre. D’Iberville alla porter ce placet à la cour, où on le voyait d’un bon œil. Les bureaux sont toujours lents. Quand il revint de France, en 1692, avec le Poli et l’Envieux, convoyant une flotte marchande, il était capitaine de frégate, mais la saison était trop avancée. Du reste, il ne pouvait obtenir le navire de guerre dont il avait besoin. Le capitaine du Tast, désigné pour l’accompagner, prétendait que son bateau, le Hasardeux, était trop vieux pour un tel service.

Frontenac en profite pour réaliser un projet dont Pierre Le Moyne lui avait donné l’idée : croiser sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, attaquer les établissements anglais et nettoyer la mer des bâtiments ennemis. D’Iberville remplit cette mission avec sa vigueur habituelle : il met plusieurs navires anglais hors de combat et en ramène un à Québec. Mais il n’a pas attaqué Pemquid, le nouveau fort anglais que Frontenac tenait à réduire. L’entrevue est orageuse avec le violent gouverneur.