Page:Daubié - L'émancipation de la femme, 1871.pdf/122

Cette page a été validée par deux contributeurs.
123
L’ÉMANCIPATION DE LA FEMME


OBJECTIONS


Le droit de suffrage doit être attaché au service militaire. Cette objection, fondée sur la maxime la force prime le droit, prouve peu d’esprit de patriotisme, car dans la défense du pays les femmes citoyennes surtout rivaliseront de zèle avec les hommes pour les sacrifices et les périls. L’argument est en outre prématuré, puisque nos lois militaires exemptent du service personnel ; puisque notre armée n’est pas encore purifiée de la honte des troupes mercenaires, qui permet de faire de l’or la rançon du sang.

Ce n’est donc point le moment de prétendre que les qualités intellectuelles et morales requises pour un vote intelligent s’acquièrent par le maniement du fusil : de soutenir que les droits civiques, dont tous les citoyens ont besoin pour leur protection, dérivent de là ! Mais alors tout homme invalide, exempté, ou au-dessus de quarante ans, ne doit pas voter ; tout citoyen dépourvu de force physique doit être classé d’office parmi les mineurs, les fous et les criminels. Cette considération me fournirait des développements si M. J. Bright ne réclamait la parole ; je la lui cède ; mes lecteurs ne perdront rien au change.