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L’ÉMANCIPATION DE LA FEMME

examiner à propos de l’enseignement mixte et de l’externat qui en est d’ordinaire la conséquence.



ENSEIGNEMENT MIXTE ET EXTERNATS.


Si le préjugé qui déclare les femmes impropres à certains emplois est très-préjudiciable à l’ordre social les systèmes préconçus sur l’enseignement mixte lui sont aussi nuisibles. Cette question étant une des plus controversées, il faut, par l’examen des faits, nous convaincre que l’enseignement mixte, souvent indispensable au point de vue économique, constitue un progrès intellectuel et moral ; qu’en conséquence l’État centralisateur, au lieu de promulguer à ce sujet des lois prohibitives, doit respecter la liberté qui ouvrira des écoles spéciales ou mixtes en raison des besoins locaux et des convenances individuelles. On ne saurait trop attirer l’attention publique sur ce point peut-être le plus essentiel de décentralisation administrative.

Tout d’abord pour l’enseignement, comme pour toutes les autres branches d’activité, un des principes les plus élémentaires est de chercher à produire beaucoup avec le moins de frais possible. Les individus et les peuples qui, par un bon emploi de l’argent et du temps, généralisent cette économie dans la dépense, arrivent à un très-haut développement de prospérité privée et publique. Or si de ce point de vue nous considérons en France l’enseignement à tous ses degrés, nous y trouvons d’un côté une abondance, un gaspillage énorme de ressources, de l’autre une disette, une pénurie déplorables. Qu’on en juge, pour l’enseignement primaire seulement, par les paroles mêmes d’un de nos ministres de l’instruction publique. M. Duruy s’exprimait ainsi en 1865 : « Le pays dépense