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  Objections diverses. 259

pédicellaires sont articulés sur la coquille par les baguettes calcaires qui les portent. On trouve, chez quelques genres d’astéries, « les combinaisons les plus propres à démontrer que les pédicellaires ne sont que des modifications de piquants ramifiés. » Ainsi, nous trouvons des épines fixes sur la base desquelles sont articulées trois branches équidistantes, mobiles et dentelées, et portant, sur la partie supérieure, trois autres ramifications également mobiles. Or, lorsque ces dernières surmontent le sommet de l’épine, elles forment de fait un pédicellaire tridactyle grossier, qu’on peut observer sur une même épine en même temps que les trois branches inférieures. On ne peut, dans ce cas, méconnaître l’identité qui existe entre les bras des pédicellaires et les branches mobiles d’une épine. On admet généralement que les piquants ordinaires servent d’arme défensive ; il n’y a donc aucune raison de douter qu’il n’en soit aussi de même des rameaux mobiles et dentelés, dont l’action est plus efficace lorsqu’ils se réunissent pour fonctionner en appareil préhensile. Chaque gradation comprise entre le piquant ordinaire fixe et le pédicellaire fixe serait donc avantageuse à l’animal.

Ces organes, au lieu d’être fixes ou placés sur un support immobile, sont, chez certains genres d’astéries, placés au sommet d’un tronc flexible et musculaire, bien que court ; outre qu’ils servent d’arme défensive, ils ont probablement, dans ce cas, quelque fonction additionnelle. On peut reconnaître chez les oursins tous les états par lesquels a passé l’épine fixe pour finir par s’articuler avec la coquille et acquérir ainsi la mobilité. Je voudrais pouvoir disposer de plus d’espace afin de donner un résumé plus complet des observations intéressantes d’Agassiz sur le développement des pédicellaires. On peut, ajoute-t-il, trouver tous les degrés possibles entre les pédicellaires des astéries et les crochets des ophiures, autre groupe d’échinodermes, ainsi qu’entre les pédicellaires des oursins et les ancres des holothuries, qui appartiennent aussi à la même grande classe.

Certains animaux composés qu’on a nommés zoophytes, et parmi eux les polyzoaires en particulier, sont pourvus d’organes curieux, appelés aviculaires, dont la conformation diffère beaucoup chez les diverses espèces. Ces organes, dans leur état le plus