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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/50

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conſultations, prêts à defférer à l’avis le plus ſage & à des concluſions probables, pour ſe moquer des Médecins pédans opiniâtres, bavards, incapables par ignorance de faire des applications raiſonnées des principes de leur art ?

Corneille, le pieux Racine & M. de Voltaire ont ils attendu des motifs pour attaquer l’orgueil deſpotique, l’hipocriſie & le fanatiſme ? Non ſurement. Ne ſemble-t-il pas au contraire qu’ils aient prévû le malheur du Portugal, & que ce triſte évenement ſoit arrivé pour juſtifier leur hardieſſe, leur prévoyance, & la juſteſſe de leur eſprit. Je conviens que Ravaillac & Jaques Clement ont exiſté avant eux & que la Mémoire de ces ſcélérats peut avoir inſpiré leurs Muſes, mais enfin il eſt certain que le fanatiſme n’eſt pas encore détruit & qu’il fait prévoir & craindre aux gens des des événemens triſtes pour l’avenir. Corneille, Racine & Voltaire n’ont cependant pas attendu ces événemens, pour s’efforcer d’en inſpirer la crainte ; nous pouvons ce me ſemble conclure de ces exemples que nos Auteurs ne ſont pas auſſi lâches que vous le dites & ne reſpectent pas autant les mœurs du ſiécle que vous feignez de le croire. On n’a pas attendu que la Chambre Ardente eut fait rendre gorge aux ſangſues du Peuple pour avertir le Public & par conſéquent le Miniſtére de leur friponnerie.

Ce n’eſt peut-être qu’aux ſcenes ingénieuſes ſi ſouvent décochées contre les Procureurs