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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/234

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L. H. DANCOURT

comme par-tout où l’on a du bon ſens on ſe gardera bien de s’emmarquiſer à pareil prix.

Si l’on établiſſoit un ſpectacle à Genêve il y faudroit une garde, & ce ſeroit à vos yeux un image affligeante de l’oppreſſion & de la Tyrannie ; langage de libertins qui ne voient que l’oppreſſion & la contrainte dans un objet cher aux gens ſages, puis qu’il en réſulte la paix & la tranquillité. La Police en tous lieux à beſoin de s’appuier de la force, parce qu’il y a par-tout des réfractaires, & Genêve eſt obligée comme toutes les autres Républiques, d’emploier ſans doute cette marque de la Tyrannie pour conſerver ſa liberté.

Si l’habit ſoldatesque eſt ſi funeſte à vos yeux, allez donc prêcher de ſe défaire de ſa Garniſon, puisque c’eſt pour vous un préſage de la Tyrannie, & une marque affligeante de l’oppreſſion : nous verrons ſi le Sénat ſera de vôtre avis. Je vous répète pour finir, que ſi parmi toutes vos objections, vous trouvez que j’en aie négligé quelques unes qui vous paroiſſent des plus fortes, (car j’en ai négligé beaucoup pour n’être pas obligé, comme je vous l’ai dit, de faire un in-Folio) vous me trouverez toujours prêt à répondre. S’il vous reſte encore quelques momens à vivre, je vous exhorte de les emploier à me convaincre de la juſteſſe de vos raiſonnemens ; en attendant que cela arrive, permettez moi de faire des vœux ſinceres pour vôtre Converſion.

F I N.