Ouvrir le menu principal

Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/218

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
208
L. H. DANCOURT

Je ne vois point dans les efforts que font des gens ſages & modérés pour éclairer le Trône & le Miniſtere ſur les abus que des fanatiques ou des hipocrites font de la Religion, ſur les exactions de certains Prépoſés ſubalternes du Gouvernement, la frénéſie de ces eſprits réformateurs qui voudroient être les Auteurs du trouble pour que leur nom paſſe à la poſterité, dût-on les comparer aux Eroſtrates. Ceux qui me paroitroient tels, je les accuſerois.

Je dénoncerois au Miniſtere public un Auteur dans les écrits duquel je découvrirois des opinions nouvelles, contraires au repos de la foi, & par conſéquent à celui de l’État. Je vous dénoncerois vous, dans les écrits de qui j’en puis montrer pluſieurs, ſi mon zele ne m’expoſoit pas à être accuſé de récriminer.

Si vous voulez faire adopter aux gens ſages, que la profeſſion des Comédiens les rend fripons parce qu’il y a des gens de mauvaiſes mœurs entre eux, prouvez avant que tous les hommes ſont des fripons, parce qu’il n’y a point de profeſſion ni d’état qui n’ait les fripons.

Qant à moi, voici ma maniere de juger. Ce n’eſt point parce que parmi les gens de lettres & les Philoſophes il y a des envieux, des plagiaires, des critiques de mauvaiſe foi, que je vous crois un malhonnête homme, c’eſt parce qu’entre tous les Écrivains du jour, vous vous diſtinguez par vôtre malice