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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/173

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tion du Jardinier qui l’a planté ſes feuilles nouriſſent des Chenilles ? Écraſez les inſectes l’arbre ne s’en portera qui mieux. Ce n’eſt donc pas contre le ſpectacle qu’il falloit écrire, mais contre les ſottiſes qui s’y commettent. C’étoit l’ordre & la police qu’on peut y mettre qu’il falloit indiquer, au lieu d’écrire contre toute vérité, qu’il n’en eſt pas ſusceptible.

J’aurois encore ici de quoi m’arrêter longtems & cela nuiroit à l’empreſſement que j’ai de juſtifier les Comédiens des imputations fauſſes & méchantes que vous leur faites. Si avant que de parler d’eux, je voulois réfuter toutes les abſurdités que vous entaſſez dans cinq ou ſix pages, que j’ai maintenant ſous les yeux, il faudroit que je fiſſe un in-Folio, & je n’en ai ni le tems, ni la patience, ni la volonté. L’objet le plus important pour moi eſt de me juſtifier, auſſi bien que mes Camarades des accuſations que vous portez contre nous. Je négligerai donc ces balivernes pour m’occuper du ſérieux & faire retomber ſur un vil Dénonciateur la peine & l’infamie que ſa malice & ſa mauvaiſe-foi vouloit nous faire éprouver.

Les ſpectacles, dites vous, peuvent être bons pour attirer les étrangers, pour augmenter la circulation des eſpéces, pour exciter les artiſtes, pour varier les modes, pour occuper les gens trop riches ou aſpirant à l’être, pour les rendre moins malfaiſants, pour diſtraire le peuple de