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ſe trouvera peut-être quelque jour une femme qui me pardonnera ma mine, en faveur de mes ſentimens : il faut voir.




CHAPITRE V.


Des Comédiens.




Quand les amuſemens ſont indifférens par leur nature, c’eſt la nature des occupations qu’ils interrompent qui les fait juger bons ou mauvais, ſur-tout lorſqu’ils ſont aſſés vifs pour devenir des occupations eux mêmes & ſubſtituer leur goût à celui du travail.

Rien de plus ſage aſſurément que ce que vous dites & les ſpectacles devroient être proſcrits s’ils entraînoient l’inconvénient que vous leur reprochez. Tout homme qui fait autre choſe que ce qu’il doit faire eſt condamnable, & j’interdis avec vous le ſpectacle à tous ceux qui le préféreront à un travail utile, à leur fortune, à leur ſanté, au bien de leur famille. Mais croiez moi, ceux qui ont aſſés peu de conduite pour venir perdre au ſpectacle le tems qu’ils devroient donner à leurs affaires, ſeroient gens à le perdre par-tout ailleurs d’une façon plus criminelle, ſi le ſpectacle leur étoit interdit. Il eſt donc à propos que cette eſpece de gens perdent plûtôt leur tems au ſpectacle que dans les Cabarets, les aſſemblées de jeu, & dans les réduits impudiques où leur pareſſe les conduiroit infailliblement, ne ſachant où porter ailleurs leur oiſiveté. Un