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de ne pas devenir au moins des hommes.

Je ne me ſuis pas contenté de vous prouver que la Tragédie n’étoit rien moins que dangereuſe, je crois vous avoir prouvé qu’elle eſt encore utile à la correction des mœurs. Je n’aurai pas plus de peine, je crois, à démontrer que la Comédie a les mêmes avantages : c’eſt ce que je vais m’efforcer de faire dans le Chapitre ſuivant.




CHAPITRE III.


De la Comédie.




Tout eſt mauvais, tout eſt dangereux dans la Comédie pour les Spectateurs ; c’eſt la conſéquence que vous tirez d’un principe auſſi peu admiſſible qu’elle. Il n’eſt ſûrement pas vrai que le plaiſir du comique ſoit fondé ſur un vice du cœur humain, (ſa malignité.)

Le principe & la conſéquence ſont auſſi abſurdes que le tarrif que vous faites de la valeur des caracteres : à la preuve.

Quel eſt le plus blamable d’un bourgeois ſans eſprit & vain qui fait ſottement le gentil homme ou du gentil homme qui le dupe, dans la piéce dont je parle, ce dernier n’eſt il pas l’honnête homme ?

Et non M. il ne l’eſt pas : par quel malheur voiez vous toujours d’honnêtes gens où les autres ne voient que des coquins ? Pourquoi préparez vous une excuſe à un ridicule, diſons mieux, à un vicieux imperti-