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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/501

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« Je fus aussi étonné que satisfait en entendant cette histoire, mais j’étais déjà parvenu dans d’autres parages, et je ne pouvais me rendre immédiatement à cet appel. Je promis seulement qu’après le jour de l’an, je fixerais un jour, ce qui eut lieu, et protégé par ce brave païen, je fis la visite épiscopale sans la moindre difficulté, quoique tous les habitants à peu près fussent instruits de ma présence. La pauvre esclave dont j’ai parlé plus haut voulut se charger elle-même de faire quelques approvisionnements. J’ai su depuis qu’elle eût bien voulu venir me saluer, mais qu’effrayée par ce que les chrétiens lui dirent de ma sévérité de manières, elle n’osa pas se présenter. Il y a là un bon nombre de catéchumènes, parmi lesquels plusieurs hommes capables.

« L’année suivante, je recommençai mon pèlerinage, j’allai même deux journées plus loin du côté de l’est. Je retrouvai tous mes chrétiens en bon état. Ils sont pauvres, les vexations et les avanies sont leur pain quotidien ; mais ils demeurent fermes dans la foi, fervents, assidus à s’instruire et à pratiquer leurs devoirs. Dans quelques localités même, il est nécessaire de modérer leur zèle. Ainsi, depuis la publication en coréen des prières et cérémonies d’enterrement, beaucoup d’entre eux se sont mis à les faire publiquement sans s’inquiéter des païens. Vous imaginez-vous ici, en Corée, un convoi funèbre défilant en plein jour dans les rues, la croix en tête, les assistants chacun un cierge à la main, et récitant des psaumes à haute voix ? Dans quelques localités, il s’en est suivi des rixes et des querelles qui heureusement n’ont pas eu de conséquences trop graves ; dans d’autres endroits au contraire, les païens se sont accordés à trouver nos cérémonies très-dignes et très-belles, et ce spectacle a amené quelques conversions. Ah ! pourquoi nous est-il impossible aujourd’hui d’avoir un prêtre fixé dans ce pays ! quelle abondante moisson il pourrait recueillir ! Pendant trois mois de courses, j’ai baptisé plus de deux cent trente adultes.

« La religion ayant pénétré dans un nouveau district, on me pria de m’y rendre ; je devais y trouver trois chrétiens et bon nombre de catéchumènes. J’en rencontrai plus de quarante ; je ne pus en baptiser que sept, les autres n’étant pas suffisamment préparés, mais leur ferveur promet pour l’avenir. Deux mois après ma visite, les satellites saisirent deux de ces nouveaux baptisés, et les traînèrent devant le mandarin qui, sur leur refus d’apostasier, les fit fustiger cruellement, puis les dénonça au gouverneur de la province. Celui-ci, d’après la pratique actuelle du